Joaquín Díaz Atienza
INTRODUCTION
Les premières recherches se sont principalement concentrées sur l’évaluation de l’interaction entre la génétique moléculaire et les risques bioenvironnementaux. Cependant, des recherches plus récentes dans ce domaine ont révélé l’existence d’interactions entre la vulnérabilité et le stress, prenant en compte des facteurs de risque psychosociaux tels qu’un faible statut socio-économique et d’autres difficultés psychosociales.
C’est précisément ce que nous aborderons dans ce nouvel article sur la génétique et le TDAH, et je tiens à préciser que ces sujets sont loin d’être exhaustifs. Nous examinerons d’abord l’interaction entre les gènes et les facteurs de risque bioenvironnementaux, puis la relation entre la prédisposition génétique et le stress psychosocial.
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Recherche sur l’interaction des gènes et des facteurs de risque bioenvironnementaux dans le TDAH
Nous avons traité deux des sujets les plus étudiés : l’exposition fœtale à la nicotine et la saison de l’accouchement.
a) Exposition fœtale à la nicotine
Il s’agit de l’un des risques bioenvironnementaux les plus étudiés. Les premières recherches se sont concentrées sur l’exposition fœtale à la nicotine et la présence de l’allèle DAT1 à 10 répétitions. Ces recherches n’ont révélé aucun effet significatif de l’exposition et de la présence de DAT1 sur le TDAH.
Par la suite, l’interaction possible entre les polymorphismes DAT1 et DRD4 et l’exposition à la nicotine a été étudiée, révélant une interaction significative entre le DAT1 à 9 répétitions et le TDAH avec la présence de troubles comportementaux comorbides.
Enfin, Brookes et al. ont évalué les effets principaux et leur interaction potentielle entre l’haplotype DAT1 (combinaison du VNTR 3′ de 40 pb et d’un VNTR intron de 8 à 30 pb) et l’exposition à la nicotine. Un effet principal du génotype sur la manifestation des symptômes du TDAH a été mis en évidence.
b) Variations saisonnières
Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires pour confirmer ces résultats, il est intéressant de noter ceux d’une étude menée en Allemagne en 2004. Cette étude a examiné l’interaction potentielle entre le gène DRD4-7r et la saison de naissance et le risque de développer un TDAH. Les chercheurs ont constaté une interaction significative (OR : 2,8 ; p = 0,01) entre la présence d’un TDAH associé à un trouble des conduites et la présence du gène DRD4-7r chez les enfants nés au printemps et en été.
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Recherche sur les gènes et les facteurs de risque psychosociaux
Dans ce très bref résumé, nous suivons l’étude de Pennington et ses collaborateurs (2009).1
L’interaction entre DAT1 et la présence de facteurs psychosociaux défavorables a été étudiée et évaluée à travers « l’Indice de difficultés de la famille Rutter » que mesure 11 facteurs de vulnérabilité, dont un faible statut socio-économique, un faible niveau d’instruction des parents, des conflits familiaux, une grossesse non désirée et un soutien social parental insuffisant. Une première analyse n’a révélé aucun effet génétique majeur pour cinq variants du gène DAT1, bien qu’elle ait mis en évidence une association entre la vulnérabilité psychosociale et des scores plus élevés d’impulsivité et d’hyperactivité. Cependant, une seconde analyse a révélé une interaction entre les homozygotes porteurs de l’allèle à risque du gène DAT1 (l’allèle à répétition VNTR de 40 pb comportant 10 répétitions) et l’exposition à la vulnérabilité psychosociale. Autrement dit, une interaction n’a été observée que pour un seul sous-type du gène DAT1.
Le statut socio-économique, la qualité de la scolarité et les conflits familiaux ont également été étudiés comme facteurs de risque psychosociaux et leur interaction potentielle avec le polymorphisme du gène promoteur du transporteur de la sérotonine (5-HTTLPR). Dans ce contexte, une interaction a été mise en évidence entre le génotype homozygote long (LL) du 5-HTTLPR et les difficultés psychosociales chez les personnes atteintes de TDAH (OR : 3 ; p = 0,04).
Enfin, une interaction significative a également été constatée entre l’allèle DRD2 et l’adversité psychosociale, ainsi qu’une probabilité accrue de TDAH.
En conclusion, et comme d’autres études l’ont recommandé, des échantillons plus importants, une plus grande précision diagnostique et incluant les comorbidités sont nécessaires. Quoi qu’il en soit, les recherches actuelles soutiennent…interaction diathèse-stress, mais il est nécessaire de préciser la pondération des différents facteurs de risque et de protection (résilience) qui nous permettra de prendre des mesures préventives, lesquelles sont actuellement très limitées.
Ces résultats ont été comparés à la littérature publiée avant 2014. Nous n’avons apporté aucune modification car les publications les plus récentes (voir la revue de Sara López Martín et al. (2024)2 non seulement ne mettent pas en évidence de différences significatives, mais soulignent également le manque de spécificité de ces résultats concernant le TDAH. Il a seulement été démontré que sa prévalence est plus élevée lorsque le TDAH est plus hétérogène : comorbidité TDAH/TSA, retards cognitifs sévères/TDAH, autres troubles neurodéveloppementaux et TDAH.
BIBLIOGRAPHIE
- Gene × environment interactions in reading disability and attention-deficit/hyperactivity disorder. Developmental Psychology, 45(1), 77–89. https://doi.org/10.1037/a0014549 [↩]
- Sara López y cols (2024). Genética del TDAH en la práctica clínica. Midicina (buenos Aires)84(Supl. I): 26:30 [↩]
One thought on “GÉNÉTIQUE ET ENVIRONNEMENT DANS LE TDAH (et 3) : RISQUES BIOENVIRONNEMENTAUX ET DIATHÈSE-STRESS DANS LE TDAH”